Le Swales

moins de pression sur la nuque ne signifie pas un mors plus doux

Le Swales : moins de pression sur la nuque ne signifie pas un mors plus doux

À première vue, un Swales Liverpool peut ressembler tout simplement à un Liverpool muni de quelques anneaux supplémentaires. Pourtant, ce sont précisément ces anneaux qui modifient considérablement son fonctionnement.

Sur un Liverpool classique, les montants de la bride sont fixés au-dessus de l’embouchure. Lorsque les guides sont placées plus bas sur les branches, le mors agit par effet de levier : la gourmette entre en action et une partie de la pression est également transmise vers la nuque par l’intermédiaire de la bride.

Sur un Swales, les montants de la bride sont fixés à des anneaux mobiles indépendants situés au niveau de l’embouchure. Comme ces anneaux ne sont pas solidaires de la partie supérieure des branches du Liverpool, la pression habituelle exercée sur la nuque est fortement réduite.

Mais — et c’est là le point important — cela ne signifie absolument pas qu’un Swales est forcément un mors doux.

Les branches inférieures peuvent toujours produire un effet de levier important. Lorsque le meneur agit sur les guides, la gourmette entre en action et l’effet du mors se concentre davantage sur l’embouchure, la mâchoire inférieure et la gouttière de la gourmette plutôt que sur la nuque. Les anneaux mobiles peuvent également exercer une certaine pression latérale sur les commissures des lèvres.

C’est pourquoi le Swales peut parfois convenir à un cheval puissant ou très allant, ou à un cheval qui supporte mal la pression sur la nuque ou qui a tendance à s’enfermer.

Mais cette action plus concentrée au niveau de la gourmette signifie également qu’il demande une main expérimentée et sensible.

Et l’embouchure ?

Voici une autre confusion fréquente : le terme “Swales” ne décrit pas l’embouchure.

Les branches Swales peuvent être associées à différents types d’embouchures : passage de langue plus ou moins marqué, canon droit ou cintré, canon de type mullen, etc.

Pour comprendre l’action d’un Swales, il faut donc se poser au moins trois questions :

Quelle est l’embouchure ? Où sont fixées les guides ? Comment la gourmette est-elle réglée ?

Le nom Swales nous renseigne avant tout sur la conception des branches et la manière dont la bride est fixée au mors. À lui seul, il ne permet pas de dire si le mors sera doux ou sévère.

Et comme toujours en matière de mors d’attelage, le matériel n’est qu’une partie de l’équation. Le cheval, les réglages — et les mains qui tiennent les guides — comptent tout autant.

Le saviez-vous ?

Le Swales est loin d’être une invention moderne. Frank Swales, à Londres, déposait déjà des brevets concernant des améliorations apportées aux mors d’équitation et d’attelage dans les années 1890. Ses travaux concernaient notamment les mors à effet de levier utilisés à cheval et en attelage, dont les systèmes apparentés aux Liverpool et aux mors de coach.

Une petite preuve que les questions de pression, de levier et de confort que nous nous posons aujourd’hui préoccupaient déjà les fabricants de mors il y a plus de 130 ans.